Documentaire sur la surdité

Surdité : un documentaire-fiction en mars sur France 5

 

 

Être sourd, ce n’est pas simplement ne pas entendre… Mais savons-nous vraiment qui sont les sourds ? Nos représentations sont diverses, mais pour les sourds les barrières de communication avec le monde entendant créent de grandes frustrations et parmi elles, un besoin énorme de dire : « qui nous sommes ». C’est la raison pour laquelle Sandrine, sourde de naissance, a choisi de raconter son histoire avec la volonté de nous faire partager sa vision du monde avec un regard de l’intérieur.


Mêlant témoignage, fiction, scènes de vie documentaires et interviews, ce film nous fait suivre le parcours de Sandrine de la naissance à l’âge adulte. Au fil des témoignages, nous découvrons un univers où rien n’est facile pour Sandrine : le regard des autres, la scolarité, les apprentissages, la rééducation, la socialisation. Tout conduit à vouloir réparer cette petite fille, à faire en sorte qu’elle se rapproche de la norme : entendre et parler. Et s’il y avait une autre voie possible ?

« Je suis née sourde, mais je ne le savais pas » c’est par ces mots que le film commence, des mots qui sortent des mains de Sandrine qui s’exprime face à la caméra en langue des signes. Tout au long du film, elle témoigne de son rapport au monde, de sa perception singulière qu’elle a des personnes et des objets qui l’entourent. Elle a grandi dans une famille entendante et elle a cessé d’être une petite fille comme les autres, le jour où ses parents apprennent sa surdité. Désormais pour Sandrine il sera question de rééducation, d’apprentissage de la parole, de rencontres avec des médecins, des psychologues, des professionnels de la surdité, une vie qui s’installe dans la réparation de ses oreilles malades…

Des interviews de Michel Lamothe (Co-président de Deux Langues Pour une Education), du Dr Drion et d’André Maynard (psychanalyste) viennent expliquer cette vision de la surdité comme une maladie et un manque que révèle la mise en place du dépistage précoce, la focalisation autour du sonore comme seul vecteur possible de la parole. A cela, ils objectent qu’une autre voie est possible : la langue des signes donnée aux enfants comme langue première pour une prise de parole précoce, le bilinguisme pour une appartenance au monde.

Le parcours scolaire de Sandrine à été chaotique. Dans les années 80, la politique d’intégration scolaire fait que de nombreux enfants sourds se retrouvent seuls dans des classes d’enfants « entendants» , une logique qui conduit Sandrine à l’échec.

Dans des scènes de vie documentaires, voir les enfants évoluer au sein de l’école rend compte de la réalité de l’éducation des enfants sourds aujourd’hui, de ce que vivent leurs parents et les professionnels qui les entourent.

Sandrine va alors connaître un vrai bouleversement dans sa vie, elle va rencontrer des enfants sourds, des enfants à son image, des enfants qui s’expriment en langue des signes. Pour elle, l’avenir s’élargit, elle ne sent plus seule au monde, elle découvre une langue la langue des signes, elle a neuf ans. Dès lors, sa vie va passer d’un monde à l’autre, entre monde entendant et monde sourd, entre oral et langue des signes.

Dans le film, les interviews d’Emmanuel Laborit (Directrice de l’IVT) et de Bruno Moncelle (Fondateur de Sourds en colère) témoignent de l’importance du militantisme dans leur parcours et insiste sur l’importance de continuer à se battre pour la cause des sourds et une reconnaissance réelle de la langue des signes pour les enfants sourds et dans la société.

« Il n’y pas deux mondes », comme nous le dit Sandrine, « nous voulons vivre tous ensemble, sourds et entendants, c’est possible. Alors, acceptez-nous tels que nous sommes… sourds. »

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